Voyage, évasion, souvenirs, rébellion... Quels sont selon vous les mots qui peignent le mieux ta musique ?
VIAN : Voyage, oui c'est un mot qui nous convient... Dans le 1er album, nous avons tenté d'explorer des univers très différents d'un titre à l'autre, et je crois que quand on écoute le disque sur la longueur, c'est le sentiment qu'il donne... Il y a des ambiances, des sons, très différents d'un titre à l'autre.
Souvenirs, oui pourquoi pas... Disons que certains titres sont très autobiographiques pour moi... C'est un peu l'histoire de ma vie... Et ça l'est aussi un peu pour les autres, parce que mon histoire n'est pas différente de celle de monsieur tout le monde...
Plus que rébellion – qui pour moi comprend une connotation adolescente péjorative – je dirais plutôt le refus... Le refus des systèmes organisationnels qu'on nous impose, par le monde de l'entreprise qui force l'individualisme, par l'Etat terreur... Tout ça fait courir le plus grand nombre d'individus, pour finalement n'en servir que quelques uns... Rien de communautaire pour nous là-dedans, ou rien qui puisse servir l'intérêt général.
Le groupe est cosmopolite, Malek et Boops sont originaires du Maghreb, Valjean est camerounais... Donc le refus, la haine, c'est quelque chose qu'ils connaissent bien... Fred trime comme un cochon dans cinq ou six groupes pour pouvoir bouffer. Quant à moi, si je n'avais pas eu la chance d'avoir mes parents, la femme qui partage ma vie et quelques amis, je dormirais sous les ponts après avoir pourtant cotisé pendant des années pour ce système de merde, et en étant bac + 10... No comment... Je crois qu'on est simplement bien placé pour parler de certaines inepties... Notamment de “notre grand modèle social”...


